Taxonomie

endemique
protegee
UICN

Statut liste rouge -

En danger critique d'extinction (CR) , évaluée le 10/09/2015

Espèce protégée -

en Province Nord

Description

Description Générale

Arbuste 1 - 3 m , monocaule ou présentant parfois quelques réitérations tardives; écorce gris clair; croissance nettement rythmique.

Répartition en Nouvelle-Calédonie

Cette espèce n'a été observée que dans le Nord-Ouest de la Grande Terre, sur le Dôme de la Tiébaghi.

Habitat

Dans le maquis arbustif dense.

Substrat

sur sol plus ou moins épais, gravillonnaire ferrallitique, issu du démantellement de la cuirasse, sur substrat ultramafique.

Feuille

Feuilles courtement pétiolées, disposées le long des tiges en pseudo-verticilles, séparés par des segments dénudés de longueur variable, épaisses et coriaces, lancéolées - elliptiques, 8 - 20 x 3 - 7 cm, luisantes, pointues au sommet avec un acumen recoubé, en coin à la base et brusquement arrondies sur le pétiole; nervures peu saillantes visibles des 2 côtés.

Phénologie (Fleur)

Fleurs blanches ou jaunâtres sur des inflorescences caulinaires ( en grappes d'ombellules ), à l'aisselle des cicatrices des feuilles tombées ou à l'aisselle des feuilles encore présentes ( en grappes d'ombellules ), chaque ombellule contenant 3 fleurs: les mâles avec 12 étamines fertiles, les femelles avec 12 staminodes.

Fruits

Drupes ovoïdes, luisantes et noires à maturité, avec une cupule mince.

Reproduction

Fleurs observées en mars et en août.

Particularité

Cette plante bien différente de LITSEA ripidion ( voir commentaires ), très localisée, a été mise en synonymie sous cette dernière par Kostermans; sa réhabilitation en tant qu'espèce différente est désormais acquise. Statut: déclarée en danger par l'IRD.
Son architecture est conforme au Modèle de Corner avec présence de réitérations (ramifications tardives reproduisant le modèle du tronc).

Litsea racemiflora est un arbuste micro-endémique du nord-ouest de la Grande-Terre en Nouvelle-Calédonie. Au sein de ce genre complexe, cette espèce a un contour taxonomique clair. Cette espèce est connue de deux sous-populations (Tiébaghi, Ouégoa) qui se situent à une altitude de 100 à 550 m. On la retrouve en maquis arbustif sur substrat ultramafique. La principale menace provient de l'exploitation minière en cours sur la zone de Tiébaghi. La projection de l'exploitation minière sur les 25 années à venir entraîne le risque de disparition de la plupart des individus de la zone de Tiébaghi, sous-population la plus importante. En conséquence, L. racemiflora est considéré en danger critique d'extinction (CR) selon le critère A4c avec une réduction de la population estimée de plus de 80% d'ici 25 ans.

Aire géographique


Litsea racemiflora est un arbuste micro-endémique du nord-ouest de la Grande-Terre en Nouvelle-Calédonie. Cette espèce est connue de deux sous-populations (Tiébaghi, Ouégoa).

Population


La taille de la population n'est pas connue. En s'appuyant sur les observations existantes, la sous-population la plus importante est celle de Tiébaghi bien qu'il soit difficile d'estimer la répartition entre les deux sous-populations.

Habitat


Litsea racemiflora se retrouve en maquis arbustif dense sur sol plus ou moins épais, gravillonnaire ferralitique, issu du démantèlement de la cuirasse, sur substrat ultramafique et à une altitude de 100 à 550 m.

Menaces


La principale menace provient de l'exploitation minière en cours sur la zone de Tiébaghi et de ses dégâts collatéraux (assèchement des pentes, poussière...). La projection de l'exploitation minière sur les 25 années à venir (selon les périmètres soumis à autorisation) entraîne le risque de disparition de l'ensemble des individus de la zone de Tiébaghi. La Nouvelle-Calédonie possède de 20 à 30% des réserves mondiales de nickel. L'exploitation minière intensive depuis la fin du XIXème siècle a entraîné une forte érosion des sols (1,2% de surface de sol dégradé cartographiée par SPOT5 en 2007 sur la Grande-Terre). L'exploitation minière est aujourd'hui en phase de développement avec une production métallurgique multipliée par trois de 2010 à 2015 (de 60,000 à 200,000 tonnes annuelles) La sous-population de Ouégoa est de plus menacée par le risque de feux de brousse. Une moyenne de 20,000 ha de terrains brûle chaque année sur la Grande-Terre, notamment lors de la saison sèche.

Conservation


Les espèces endémiques du genre Litsea sont protégées par le code de l'environnement de la Province nord. Aucune population biologiquement viable de cette espèce ne se trouve en revanche dans une aire protégée. Cette espèce fait l'objet d'un suivi dans le cadre d'un partenariat entre la SLN (Société le Nickel) et l'IAC (Institut Agronomique néo-Calédonien). Cependant, aucune collecte n'a été réalisée jusque présent faute de fructification. Cette espèce bénéficierait de mesures d'urgence de conservation in-situ et ex-situ. Il est recommandé d'assurer le suivi des populations existantes, de préserver une population viable sur un ou plusieurs périmètres délimités sur Tiébaghi. Il est de plus préconisé de réaliser des tests de multiplication pour envisager ultérieurement un programme de replantation. Il est enfin recommandé de mener des prospections à Ouégoa (filons serpentineux vers Parari dans un premier temps, aussi appelé le Sill) pour retrouver la station de la collecte de Schmid (1969).

Bibliographie


L'Huillier L.; Jaffré T. and Wulff A. 2010. Mines et Environnement en Nouvelle-Calédonie : les milieux sur substrats ultramafiques et leur restauration.

Morat, P.; Jaffré, T.; Tronchet, F.; Munzinger, J.; Pillon, Y.; Veillon, J.-M. and Chalopin, M. 2012. The taxonomic database « FLORICAL » and characteristics of the indigenous flora of New Caledonia. Adansonia(334(2)) , p.177-219.

Wulff AS, Hollingsworth PM, Ahrends A, Jaffré T, Veillon J-M, L’Huillier L, et al. 2013. Conservation Priorities in a Biodiversity Hotspot: Analysis of Narrow Endemic Plant Species in New Caledonia.

Endemia.nc 2016. Faune et Flore de Nouvelle-Calédonie.

Experts


Assessor(s): Tanguy, V., Veillon, J., Amice, R., Barrière, R., Fleurot, D., Gailhbaud, P., Garnier, D., Suprin, B.

Reviewer(s): Vandrot, H.

Contributor(s): Wulff, A.

Facilitator(s): Tanguy, V., Chanfreau, S.


Répartition géographique